DOUBLE JEU
L’ESPRIT VERSATILE
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Le nez renifle, l’œil soupèse,
les oreilles en détectrices se plaisent,
qu’importe la langue et la couleur de la peau,
on sait apprécier le coq et le corbeau.
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L’une est épouse, l’autre maîtresse,
à l’une les reproches à l’autre les caresses,
pour tuer son chien, on l’accuse de rage,
les oiseaux qu’on aime, on les encage.
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On fait du charme,
on appâte on désarme,
et dès que poisson, est pris ,
on pense à lièvre, si exquis.
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L’on se découvre des goûts,
aux ululements de maître hibou,
mais de sa voix vite on se lasse,
vaut mieux les cris de la bécasse.
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L’on se tourne vers les fruits,
qu’ils son bons, aux saveurs inouïes !
même juteuse et bonne, la pêche,
rebute ,des palais, par sa peau rêche.
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L’on trouve à des plantes, vertus,
on balance entre le cresson et la laitue,
mais il n’y a rien à faire et à dire,
la bouche trouve toujours à surenchérir.
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De renard futé et si candide,
on devient vicelard et sordide,
c’est ainsi qu’avec les mêmes yeux,
l’on voix le beau devenir hideux.
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Aujourd’hui en ce bas monde,
le temps se compte, pour beaucoup, en secondes,
l’on déploie des efforts et plein d’énergie,
souvent pour semer le doute et le mépris.
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L’on se soucie peu des chagrins et des larmes,
de ceux que notre égoïsme désarme,
par des propos assassins, on les blesse,
on leur tourne le dos, on les délaisse.
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Vers plus de «concessions», on les accule,
on les rudoie on les bouscule ;
Avouez que parfois le cœur fait des caprices,
il ne voit en l’amour, qu’une source de délices.

